Le cornet à bouquin

 

L’origine de cet instrument est probablement l’olifant, ancêtre de tous les instruments à embouchure.
Taillé à l’origine dans des cornes d’animaux, le cornet à bouquin s’est perfectionné depuis le XIVe siècle jusqu’au XVIIe siècle. Construit en deux moitiés de bois collées, son embouchure (le bouquin) le classe dans la famille des cuivres. Il existait en famille complète dont la basse, le serpent, a survécu jusqu’au XIXe siècle.
Il sera aussi mêlé aux chalemies, sacqueboutes et bombardes, dans la musique de plein air pour former des ensembles de « Alta » aux sons puissants. On trouve le cornet à bouquin représenté sur de nombreux tableaux de la fin du XVe siècle jusqu’au XVIIIe.
L’Âge d’or du cornet à bouquin se situe au début du XVIIe siècle, principalement à Venise où les plus grands compositeurs tels que Giovanni Gabrieli ou Claudio Monteverdi l’emploient dans toutes sortes de combinaisons instrumentales et vocales. Il tient un rôle prépondérant dans l’opéra « L’Orfeo » et dans les « Vêpres de la Vierge » de ce dernier.
Tous s’accordent à définir le cornet à bouquin comme l’instrument le plus apte à imiter la voix humaine. Il sera également l’instrument virtuose « concurrent » du violon en Italie, avant l’évolution du hautbois qui se substituera à lui vers la fin du XVIIe.
Une des rares descriptions du son du cornet à bouquin se trouve dans « l’harmonie universelle » de Marin Mersenne en 1636 :
« Quant à la propriété du son qu’il rend, il est semblable à l’éclat d’un rayon de soleil, qui paroist dans l’ombre ou dans les ténèbres, lors qu’on l’entend parmy les voix dans les Eglises Cathédrales, ou dans les Chapelles. »

La sacqueboute

 

Le geste du musicien qui tire (saque) et pousse (boute) la coulisse, donna le nom français à  l’instrument qui s’est peu modifié jusqu’à nos jours. C'est Jean-Baptiste Lully qui au XVIII° siècle importa de l'italien le nom de trombone, qui lui a succédé et qui possède simplement une perce plus large et un pavillon plus évasé, ce qui lui confère une puissance sonore plus importante.
Une description du mariage de Charles le Téméraire en 1468, mentionne pour la première fois l’usage de la sacqueboute.
De la Renaissance à l’époque Baroque, c’est un des instruments les plus importants pour l’animation des cérémonies civiles, religieuses, militaires, les bals et les grandes festivités dans l’Europe entière.
C’est à Venise au début du XVIIe siècle que la sacqueboute connaît son âge d’or grâce à des compositeurs tels que Giovanni Gabrieli, Claudio Monteverdi, Dario Castello, Heinrich Schütz qui lui offrent une place prépondérante dans leurs œuvres.

La trompette naturelle