LES CONFERENCES

Elles se tiendront au CRR de Toulouse (salle Varèse)
17, rue Larrey - Toulouse


 

Samedi 22 octobre


9h30-11h00 : CONCERT CONFÉRENCE 

Le monde de Silvestro Ganassi
par William Dongois

La diminution n’est autre qu’un ornement du contrepoint.
Silvestro Ganassi, La Fontegara, 1535. Diminutions et proportions à la Renaissance: pratique ou spéculation? L'énigme Ganassi. Exposé sur le célèbre traité intitulé « Fontegara » « Oeuvre intitulée Fontegara, laquelle enseigne à jouer de la flûte avec tout l’art opportun à cet instrument surtout la diminution, qui sera utile à chaque instrument à vent et à cordes: et également à celui qui se plaît à chanter, composée par Sylvestro di Ganassi dal Fontego, joueur de l’Illustrissime Seigneurie de Venise. »

Après des études de trompette au CNR de Reims et au CNSM de Paris, William Dongois enseigne cet instrument parallèlement à une activité musicale soutenue. Il approfondit ses connaissances musicales (classes d’écriture) et s’initie au cornet à bouquin auprès de Jean-Pierre Canihac. Il poursuit sa formation avec Bruce Dickey à la Schola Cantorum Basiliensis.

Il collabore avec le facteur Henri Gohin pour la mise au point d’instruments et d’embouchures visant à faire coïncider au mieux une idée de la musique et le matériel et ce dans le cadre d’une recherche basée sur des données historiques et rationnelles.
William Dongois enseigne l’improvisation lors de cours de maître dans les institutions d’enseignement supérieur de la musique en Europe. Il est l’auteur d’une méthodologie d’improvisation : Apprendre à improviser avec la musique ancienne (éd. Color & Talea, distribution Symétrie) ainsi que directeur d’un ouvrage produit à l’issue d’un projet de recherche de la Haute École de Musique de Genève autour de la question de la place de la diminution dans l’exécution de la musique polyphonique: « semplice oupasseggiato » paru chez DROZ en 2014. Il enseigne le cornet à bouquin à la Haute École de Musique de Genève.

11h30-12h30 : CONFÉRENCE

Venise et Giovanni Gabrieli
par Rodolfo Baroncini

Instrumentistes et facteurs d'instruments à vent à Venise à la Renaissance.
Rodolfo Baroncini travaille dans les archives vénitiennes depuis de très longues années, au cours desquelles il a pu accumuler une documentation extrêmement riche sur la vie musicale dans la Sérénissime à la Renaissance. L'objet de sa conférence sera de nous faire comprendre comment les instrumentistes à vent (cornets, sacqueboutes, chalemies) actifs à Venise au 16e siècle exerçaient leur métier, qui ils étaient, comment ils s'associaient, quels répertoires ils pratiquaient, et quels étaient leurs divers employeurs. Une attention toute particulière sera apportée au monde de la facture instrumentale, pour laquelle Venise était réputée dans l'Europe entière.

Rodolfo Baroncini a exercé comme professeur à l’Université de Parme de 1994 à2001. Il enseigne actuellement l’Histoire de la Musique au Conservatoire d’Adria (Rovigo, Province de Vénétie) et collabore avec la “Fondation Giorgio Cini” de Venise.
Ses intérêts principaux en matière de recherche concernent la musique instrumentale des seizième et dix-septième siècles, avec une attention particulière pour les aspects inexplorés de la pratique instrumentale du Cinquecento, telle que l’histoire ancienne des pratiques du violon et des ensembles. Au cours de la dernière décennie, ses intérêts se sont focalisés sur l’environnement vénitien culturel et musical des seizième et dix-septième siècles. Ces recherches ont abouti à un premier résultat avec la publication d’une monographie très complète sur Giovanni Gabrieli (Palerme, L’Epos, 2012).
Il travaille actuellement sur un grand projet d’étude sur un soutien privé et une lecture critique de l’Histoire musicale vénitienne du début du dix-septième siècle.

14h00-15h00 : CONFERENCE 

Musique et images de la musique à Venise à la Renaissance
par Anne Pièjus

Cette intervention abordera principalement la représentation de la musique, des instruments et des pratiques musicales, dans la peinture vénitienne du XVIe siècle.

Directrice de recherches au CNRS, Anne Piéjus est l’auteur d’ouvrages sur la musique et le théâtre en France à l'époque moderne :Le Théâtre des Demoiselles (2000), Esther (2003), Athalie (2005). Elle a coédité Figures de la Passion (2001) et les comédies-ballets de Molière (Pléiade, 2010), dirigé Plaire et instruire (2007), Archéologie d’un spectacle jésuite (2008) et Le Mercure galant, témoin et acteur de la vie musicale (2010). Ses recherches portent sur la musique, la littérature et la société en France au XVIIe siècle (elle dirige l’édition en ligne du Mercure galant) et dans l’Italie de la Réforme catholique (Musique et dévotion à Rome à la fin de la Renaissance, 2014, Baptiser les madrigaux, sanctifier le monde, 2016).

15h00-16h00 : CONFERENCE

"Écoute ce que je vois".  Instruments à vent de la Renaissance dans les musées du monde

par Fritz Heller

Dans sa conférence Fritz Heller, cornettiste à bouquin et facteur d’instruments à vent partagera quelques trouvailles qui montrent bien comment notre connaissance de l’organologie est basée sur les méthodes appliquées.
La conférence abordera trois aspects de cette recherche.
   

1. Travestie
Au « Germanisches Nationalmuseum » à Nuremberg, on  conserve sous la référence MIR 390 un instrument qui est, d’après le catalogue du musée, un cornet droit fabriqué au 17ème siècle. L’analyse de la perce et de la position des trous nous montre qu’il doit s’agir d’un instrument à anche double.
Dans le même musée, on trouve une « Bombarde alto, restaurée de manière inexperte ». Sur les radiographies, on voit clairement qu’un cornet muet à été utilisé comme base de la facture d’un cornet ténor droit.

2. Re-percer 

Afin d’agrandir les octaves, une méthode, souvent utilisée par des facteurs d’instruments à vent, a consisté à ouvrir une perce conique avec une mèche à cuillère. Ce secret de cuisine s’observe par exemple sur le « Grand Hautbois » du Metropolitan Museum of Art et pour la « Chalemie 3121 » du musée de Bruxelles.
On peut visualiser cette opérationin optima forma sur un scan 3D d’un cornet muet issu de l’atelier Bassano et conservé au musée de Vienne.   


3. Work in progress
Le « Cornet muet 3066 », conservé au musée de Berlin est le plus ancien dont nous connaissions la date de fabrication (entre 1528 et 1553).
Comme l’instrument est très incurvé, nous ne pouvons pas prendre de mesures avec une technologie analogue.
En collaboration avec le musée et un ingénieur spécialisé on réalisera la reconstruction de l’état original de cet instrument à partir d’un scan 3D, afin de faire sonner une copie.

Fritz Heller est cornettiste et facteur d’instruments à vent de la Renaissance depuis plus de 35 ans. Il a fait ses études de cornet à bouquin à la Schola Cantorum Basiliensis et a poursuivi sa carrière en travaillant avec des ensembles  spécialisés dans la musique du Baroque naissant comme Musica Fiata et Musicalische Compagney. Sa formation comme facteur d’instruments commença dans l’atelier de John Hanchet.
Fritz Heller a joué les parties de cornet à bouquin dans des premières mondiales d’œuvres contemporaines de Henry Pousseur, Mauricio Kagel et Charly Morrow.
Au cours des 25 dernières années, il a réalisé un grand nombre de projets  musicaux et musicologiques avec ses deux ensembles Barocco locco (musique du 17e siècle) et Rabaskadol (instruments à vent de la Renaissance).
Avec Barocco locco, il a enregistré les albums CD suivants :
  • Je ne vais plus à la guerre (Aix-la-Chapelle, Liège, Maastricht aux 16e et 17e siècles) - Cyprès 1999
  • Canticum Canticorum de Reichardus Mangon (1609) - Cantabile 2005
  • Spaerens vreugden bron (Haarlem à l’Âge d’or) - Aliud 2008
  • Rabaskadol : In principio (manuscrit A.R. 775-777 de Regensburg) - Aliud 2005
  • Martin Peudargent – musicien à la cour de Jülich-Kleve-Berg - Aliud 2007
  • In passione domini -musique hollandaise des 16ème et 20ème siècles pour la Passion - Aliud 2010
Comme facteur d’instruments il s’est d’abord consacré aux cornets muets et droits. A partir de 2003, il est membre du groupe de recherche « Freiberg », de l’université de Leipzig.
Il a publié : Le cornet droit (Michaelsteiner Konferenzberichte Nr. 79, 2015) et s’est intéressé à la fabrication d’instruments à anche double afin de reconstituer la sonorité originale des ensembles à vent des 16ème et 17ème siècles (Publication : Sources historiques de la facture d’anches doubles, Cornetto – 2012).
Ses instruments sont joués par les spécialistes des musiques de la Renaissance et du Baroque naissant ainsi que par les élèves des conservatoires dans le monde entier.


 

Dimanche 23 octobre


9h30-10h30 : CONFERENCE

La sonate « vénitienne » (1600 env. – 1650 env.)
Modèles stylistiques et idiomes instrumentaux,

par Aurelio Bianco

Parallèlement à l'essor de la mélodie vocale et de la création de l’opéra, la codification de la sonate à trois et de la sonate pour instrument soliste représente l'une des plus importantes « conquêtes » de la tradition musicale du début du XVIIe siècle. Deux sont les principales lignes de développement de ces genres musicaux : d’un côté la formulation de nouveaux modèles stylistiques, de l’autre le processus qui détermine de plus en plus la définition d’un langage instrumental idiomatique. Cette communication vise à retracer les étapes les plus significatives de ce parcours dans le cadre spécifique du milieu musical de la Serenissima au début du Seicento.

Aurelio Bianco est maître de conférences au Département de Musique de l’Université de Strasbourg dont il est le directeur depuis 2014. Précédemment, il a enseigné à l’Université de Rouen et à l’Università della Calabria (Cosenza, Italie). Chercheur associé  du programme Ricercar (Centre d’Études Supérieures de la Renaissance de Tours), il est aussi membre du LabEx GREAM (Groupe de Recherches Expérimentales sur l’Acte Musical – Université de Strasbourg). Ses axes de recherche convergent essentiellement sur l’étude de la tradition instrumentale du XVIIe siècle en Italie et dans les pays de langue germanique ainsi que sur la naissance et le développement de la cantate de chambre italienne au début de l’époque baroque. Il est l’auteur d’articles, d’éditions critiques et de monographies dédiés à la vie et à l’œuvre d’Alessandro Grandi, de Carlo Farina, de Gilles Hayne et de Biagio Marini. Parallèlement à ses recherches, Aurelio Bianco a aussi étudié le violon baroque avec Enrico Gatti (Civica Scuola di Milano) et Fabio Missaggia (Conservatorio di Vicenza).

10h30-11h30 : CONFÉRENCE DÉBAT 

L'émergence du cornet à bouquin comme instrument de concert dans l'Europe de la Renaissance
par Philippe Canguilhem

Vers la fin du 15e siècle, le cornet à bouquin commence à se mêler aux ensembles d'instrumentistes à vent professionnels, et s'impose progressivement comme instrument essentiel pour jouer les parties aiguës. La conférence retrace cet essor, et part à la rencontre des premiers virtuoses de l'instrument, dont l'histoire culmine en Italie du nord au début du 17e siècle.

Philippe Canguilhem est professeur de musicologie à l’Université de Toulouse. Ses recherches concernent la musique de la Renaissance, et notamment le domaine italien. Il a publié sur le sujet en français, en italien et en anglais dans de nombreuses revues internationales, et a écrit deux livres, sur Vincenzo Galilei (2001) et sur Andrea et Giovanni Gabrieli (2003). Il s’intéresse également au contrepoint improvisé à la Renaissance : dans ce cadre, il a dirigé le projet ANR FABRICA de 2008 à 2012, a fait paraître une édition des traités de chant sur le livre de Vicente Lusitano (Chanter sur le livre à la Renaissance. Les traités de contrepoint de Vicente Lusitano) aux éditions Brepols en 2013, et a récemment publié L’improvisation polyphonique à la Renaissance (Classiques Garnier, 2015). Il a été fellow de la Villa I Tatti (Harvard University) en 2005/6, et de l’Italian Academy (Columbia University) en 2013. Parallèlement à ses activités de recherche, Philippe Canguilhem mène une activité de concertiste au hautbois baroque et aux instruments à anches de la Renaissance, au sein des ensembles Les Sacqueboutiers, Le Concert Spirituel, Les Passions ou l’Ensemble Baroque de Toulouse.